Assiettes façonnées par Aline Contencin dans son atelier de Meillant © Nathalie Tiennot/Agence Denatt

Aline Contencin

Coups de coeur, Cuisine, Le Mag, Portraits

De la tendance à la faïence

Portrait d’une Céramiste

Du bijou à la vaisselle, des produits façonnés pour durer, du made in Meillant à découvrir.

L’Emile curieux est allé à la rencontre de la Céramiste Aline Contencin dans son atelier meillantais. En un tour de main, il vous emmène à la découverte de son univers à travers une interview-portrait.

Après avoir travaillé à Paris et à Nice dans le milieu de la mode et des tendances, Aline Contencin change de vie en 2006 et s’installe à Meillant pour devenir céramiste. C’est à la baillite, dans la maison familiale, il y a 15 ans, qu’Aline a posé son four et son tour où elle réalise bijoux et objets de décoration en céramique aux empreintes et couleurs tirées de la nature de Meillant.

Collection de tasses en céramiques - Nathalie Tiennot, photographe saint Amand-Montrond

L’E : Bonjour Aline, expliquez-nous comment devient-on céramiste ? 

Aline : La céramique était un loisir au début. Je suis devenue autodidacte, enfin pratiquement car ado, j’avais fait un stage pendant les vacances chez un potier Ardechois et j’avais adoré. 

J’ai voulu prendre des cours du soir à Paris, je ne l’ai jamais fait. J’avais un autre métier, je travaillais beaucoup sur ordinateur et le travail manuel me manquait. Du coup les WE je me suis remise un peu à la poterie à la maison. J’ai été ensuite engagée à Nice, et là, j’ai repris des cours du soir de Poterie. Cette passion grandissante, j’ai décidé d’en faire mon métier.

L’E : De Nice à Meillant, racontez-nous ?

Aline : A Nice, je m’aperçois que les pièces créées pour la famille et les amis ont du succès, je réalise alors que je m’épanouirai beaucoup plus en suivant cette voie. S’enchaînent des commandes pour des boutiques. Je décide donc de quitter Nice et mettre un terme à mon métier dans les tendances. Je pars avec mon tour, mon four et ma voiture pour l’aventure. J’habiterai donc chez ma mère dans son petit paradis de Meillant pour démarrer une seconde vie.

L’E : Vous souvenez-vous de votre première pièce à Meillant ?

Aline : Oui,  je travaillais déjà beaucoup les reliefs à Nice et quand je suis arrivée ici, j’ai été bluffée par la nature.

J’ai d’abord fait une empreinte de plante, c’était une sauge du jardin. Je me souviens très bien une petite coupelle avec une sauge, c’était magnifique. Depuis, je m’éclate à faire des empreintes avec des fleurs, des feuilles, des pétales, etc…

Vide-poches en céramique par Aline Contencin
Collection Empreinte dans la boutique/atelier d’Aline à Meillant © Nathalie Tiennot

L’E : La technique en 2 mots : c’est quoi ?

Aline : La céramique c’est de la terre cuite et vernissée. À partir d’un pain d’argile, on va le façonner pour faire la pièce que l’on veut. Ensuite celle-ci sèche, on nettoie les imperfections, elle passe au four une première fois à 1060 degrés, c’est ce que l’on appelle la cuisson de biscuit. Puis une deuxième cuisson d’émail à 980°. La pièce sort finie, émaillée, vitrifiée, donc prête à l’emploi.

Reportage photo © Nathalie Tiennot 

L’E : C’est un processus long et délicat, combien de temps vous faut-il pour préparer une pièce ?

Aline : C’est très difficile de répondre. Si je ne m’occupe que d’une seule pièce, je la commence le jour 1, elle sera terminée le jour 15.

Tout va dépendre de l’épaisseur de la pièce. Une fois celle-ci créée, il faut qu’elle sèche, qu’elle cuise. Une cuisson prend 2 jours. Il y a deux cuissons, cela fait 4 jours, du début jusqu’à la fin on peut dire 10 à 15 jours.

Créations au séchage © Nathalie Tiennot

L’E : D’un pain d’argile, vous en ferez quoi ?

Aline : Principalement des bijoux et de la décoration. Pour la déco, il y a la vaisselle, les lampes, les mobiles… Et puis il y a des pièces plus artistiques comme les tableaux et les sculptures. J’ai commencé par des paysages de couleurs puis des gravures d’arbres de Meillant. Dans mes tableaux, on peut retrouver des tilleuls, des poiriers, des noyers du village. 

L’E : Quelles sont vos principales sources d’inspirations ?

Aline : La nature et le vivant font partie de mes inspirations principales. 

J’essaie de rester émerveillée par les choses. Je peut être autant fascinée par la beauté des couleurs d’une aile de papillon que de la forme d’une capsule de coquelicot. Tout est matière à poèsie.

Derrière l'atelier, la porte s'ouvre sur le jardin d'Aline Contencin
Porte de l’atelier d’Aline donnant sur le jardin © Nathalie Tiennot

L’E : Comment caractériseriez-vous votre esthétique ?

Aline : Sur mon travail, mes clients disent que c’est un travail délicat, fin, élégant. Ma recherche est basée sur l’harmonie : l’harmonie des couleurs, l’harmonie des formes. J’essaie d’être dans l’ère du temps avec un goût certain pour la simplicité et l’émotion.

L’E : Votre atelier présente un véritable nuancier aux teintes fascinantes. Comment travaillez-vous vos couleurs ?

Aline : Je travaille la couleur comme un peintre. J’ai des émaux de base, comme les primaires, que je vais mélanger entre elles dans des proportions différentes. Il faut savoir que les couleurs sont trés éloignées avant et après cuisson. Je note tous mes dosages et mes mélanges dans un carnet pour pouvoir les reproduire. 

C’est une étape que j’adore. Les couleurs me passionnent. Tous les ans, je fais une dizaine de teintes supplémentaires. Aujourd’hui j’arrive à 300 couleurs différentes.

Camaïeu de teintes dans l’atelier d’Aline Contencin © Nathalie Tiennot

L’E : Vous proposez des créations aux empreintes d’herbacées. Où allez-vous les chercher ?

Aline : Le travail que je fais sur les empreintes de plantes a commencé par une feuille de sauge ici à Meillant, et petit à petit je me suis concocté un herbier gigantesque. Maintenant, je sème, je récolte mes végétaux sur Meillant et ses alentours. De la forêt, de mon jardin, du potager, mais aussi quand je voyage, je ramène parfois des plantes. Cela me passionne, la vie d’une plante, c’est merveilleux.

L’herbier d’Aline : jardin, forêt et campagne de Meillant © Nathalie Tiennot

L’E : Vos tasses et bols avec les hirondelles sont très délicates, d’où vous est venue l’idée ?

Aline : On revient sur la nature, le vivant, il y a beaucoup d’hirondelles chez moi, 6 nids dans l’appentis et 6 autres dans la grange. Tous les ans je les attends avec impatience, et parfois elles tardent : je me dis « mince », mais que se passe-t-il ? 

Les oiseaux c’est tellement inspirant, la liberté, c’est magique. Il y a un côté très poétique. 

Hirondelles sur une tasse en céramique © Nathalie Tiennot

L’E : On dit que la céramique serait le yoga des mains, elle aurait des vertus anti-stress, apaisantes. Argile réparatrice, patience du geste ?

Aline : Quand je tourne on peut parler de ça, ça fait vraiment du bien, il y a une déconnexion.

En fait quand on tourne, on est ailleurs :  tu ne penses pas, c’est l’intelligence de la main qui agit. C’est comme si le cerveau l’écoutait, c’est complètement inconscient. Si je tourne plusieurs tasses à la suite elles seront étonnement similaires. C’est la main qui parle. La main retient le 1er geste et le reproduit à l’envi. 

L’E : Ce Savoir-faire, cette maîtrise du geste…Vous considérez-vous plutôt comme artisan ou artiste ?

Aline : Je préfère artisan, la plupart de mes créations sont utilitaires.

L’E : Mais vous créez vos bienveillantes, vos sculptures et vos tableaux ?

Aline : Oui, c’est vrai, on va dire que c’est de l’utilitaire pour les yeux et l’âme.

Une sculptureen céramique par Aline Contencin
Les « Bienveillantes », sculptures d’Aline Contencin

L’E : Votre atelier est à Meillant, un lieu magique chargé d’histoire, calme et apaisant. Y avez-vous apporté des adaptations ?

Aline : J’ai fait mon atelier dans la grange. J’ai la chance d’habiter dans une maison extraordinaire, dont les parties les plus anciennes datent du fin xv, début xvi, c’est une demeure superbe et magique. 

C’est une ancienne baillite, le bailli était l’administrateur du roi. Il faisait office à la fois de Maire, d’inspecteur des impôts, de juge et la boutique se trouve dans ce que l’on pense être l’ancienne salle des gardes avec son imposante cheminée. L’atelier y est attenant.

Pour les adaptations, quand je suis arrivée à Meillant, j’avais toujours mon petit four de Nice. J’ai eu une grosse commande j’ai du investir dans un grand four. Le four a été livré, mais le transporteur n’a pas pu le rentrer dans l’atelier. Je suis allée chez Marie-Cécile qui tenait l’Hyvernin et j’ai rameuté tous les clients pour qu’ils m’aident à le rentrer, ça a été un grand moment dans la vie de l’atelier. 15 ans aprés je les remercie encore.

Meillant c’est quand même le paradis, tout les jours je me le dit. C’est un havre de paix, un lieu tellement inspirant.

L’E : Sur quoi travaillez-vous actuellement ?

Aline : Je commence à réfléchir à la nouvelle collection, Noël 2021. J’ai fait 1 ou 2 prototypes, et je crois que je vais lancer une collection plûtôt ronde pour changer un peu du carré. Et un nouveau motif également.

L’E : Peut-on vous demander des commandes particulières ?

Aline : En général, les commandes sont des adaptations de mon travail, en plus grand, plus petit, plus rouge, plus vert… J’adore travailler avec le client et ses désirs. Certains veulent personnaliser les créations, comme signer derrière pour un évènement particulier, un mariage par exemple avec des menus en céramique, des galets gravés…

J’ai eu de belles commandes, notamment pour l’Aïdaiphi, un centre de santé pour enfants : une fresque toute en empreintes pour le hall d’entrée. J’ai eu des commandes pour des chambres d’hôtes, pour Agnès B, pour le conseil départemental du cher…

L’E : Si l’on veut découvrir votre travail, où vendez vous vos créations ?

Aline : Je distribue dans une quinzaine de boutique en France, je suis également sur les marchés de potiers. A Noël, tous les ans, je suis aux Éphémères de Bourges dans le centre ville de Bourges. Et bien évidemment, à Meillant dans ma boutique atelier où je reçois sur rendez-vous. 

L’E : Merci Aline pour votre accueil .

Aline : Merci L’Émile, revenez quand vous voulez.

Pour plus d’informations sur Aline Contencin :

Suivez son actualité sur Instagram : @alinecontencin

Mail : aline_contencin@yahoo.fr

Tél : 06 11 34 07 99

Pour trouver les créations d’Aline : 

Toute l’année : 

Visite de son Atelier boutique de Meillant 

sur RDV au 06 11 34 07 99

48 rue de dun, 18200 Meillant

En Novembre-Décembre 

Galerie Les Éphémères de Bourges, 66 bis rue Mirebeau, 18000 Bourges

Instagram : @lesephemeresdebourges

Site : www.lesephemeresdebourges.com

Facebook : les ephemeres de Bourges

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